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Le Regard des autres

UN PUR FANTASME SORTI DE MON IMAGINATION ? 

Ce qui va suivre est moins « sportif » et plus perso, mais de l’avoir écrit, et surtout de le publier, m’a permis de faire sauter un blocage mental. Ces réflexions me sont venues à la suite du blog de Skeuden « nos congénères ». Merci à toi au passage ; comme quoi, la marche nordique c’est aussi une thérapie morale, en plus de faire du bien au physique !!

 Lors de nos petites sorties MN en forêt (assez vaste pour qu’on ne se bouscule pas sur les chemins) la population croisée est majoritairement composée de vététistes, coureurs à pied et randonneurs. Malgré quelques regards en biais, et un marcheur qui nous avait gentiment interrogés, personne n’a eu la curiosité de connaître le « pourquoi du comment » de notre équipement. Début mai, lorsque nous avons parcouru les chemins du Plateau des Glières,  les marcheurs que nous avons croisés étaient tous équipés de bâtons de randonnée ou de ski, ce qui est tout naturel en montagne. Par contre, pas vu un seul bâton de marche nordique et personne n’a remarqué la différence : tout bien pesé, c’était reposant de se fondre dans l’environnement et de ne pas passer pour des excentriques….Là où les choses se corsent comme disait Mr Bonaparte, c’est lorsque je m’adonne à mon sport préféré à l’heure du déjeuner, à Nanterre : je commence par scruter longuement le ciel et « zieuter » les arbres du parc, si près à vol d’oiseau mais si éloignés quand on considère les obstacles psychologiques à franchir :Commencer par bondir dans l’ascenseur, bâtons sous le bras, puis descendre la rue des Champs Pierreux (ça ne s’invente pas…) pour rejoindre le parc. Durant ce laps de temps, faire abstraction d’une quantité non négligeable de collègues en route pour la cantine, également passer devant les terrasses des bistrots qui font le plein de consommateurs lorsque le soleil luit.  Puis parcourir les allées au milieu des joggeurs,  en poussant sur les bâtons,.

Je ne peux m’empêcher de me sentir épiée par des regards goguenards :  je ne vais quand même pas aller chez le psy pour évacuer une bonne fois pour toutes les vieux démons de mon enfance !!!

 Il est donc temps pour moi de rendre un hommage plein de gratitude à toute la cohorte de profs de gym qui, de la sixième à la terminale, ont contribué à faire de moi cette indécrottable inhibée lorsqu’il s’agit de faire bouger ses muscles devant un public. J’étais la gourdasse qui restait piteusement accrochée au premier niveau de la corde à nœuds, les paumes des mains en feu, tournicotant lamentablement telle une saucisse de Morteau dans un thué, incapable de me hisser plus haut… celle qui faisait foirer les matches de hand-ball, toujours à contre courant des attaques, incapable d’attraper la balle au bond, passoire plébiscitée par les adversaires lorsque je me retrouvais dans les buts…. La maladroite qui lançait le poids sur les pieds de ses camarades, qui foutait par terre les poteaux du saut en hauteur en se prenant les jambes dans l’élastique pourtant placé à 65 centimètres –pfffiou, le fameux « pied d’appel », je n’ai jamais su si c’était le gauche ou le droit. Ces pédagogues, par leur engueulades et leur mise au pilori des élèves sportivement déficients, étaient assurés de leur  popularité pour une année scolaire : en faisant rigoler les bons en gym au détriment des grosses patates, ils détournaient ainsi toute velléité d’animosité envers eux-mêmes.Les années, plus précisément les décennies, ont passé. Pourquoi faut-il que précisément au moment où la marche nordique transforme (enfin) mon rapport au sport, ces vieilles humiliations et ces peurs de paraître ridicule ressortent-elles ?

Bonnes marches à tous et tous mes encouragements à ceux qui font une compète  ce week-end (allez les Sarthois !!) 

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